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Acoustique urbaine

mercredi 6 Mars 2019, par Anne Savelli

Propos de Jean-Marie Rapin, chef du département environnement acoustique au CSTB  :

l’oreille entend très bien l’architecture d’un lieu.

La mémoire sonore est la plus ancienne chez l’individu ; l’apprentissage du monde de la vue ne se fait que par la suite. Pendant les premiers mois de la vie, l’environnement visuel se limite à seulement deux ou trois mètres autour de soi. Des expériences ont été effectuées et, les yeux fermés, certaines personnes ont décrit où elles se trouvaient, grâce à une ambiance sonore simulée par des enregistrements. L’oreille aime un univers sonore assez complexe, et ressent mal une situation acoustique trop simple dans laquelle elle entend sans avoir besoin d’écouter. Dans les villes nouvelles par exemple, bien que le site ressemble à la campagne, la butte de terre ne peut masquer complètement le bruit routier ; on se trouve dans une sorte de « campagne urbaine » où l’œil peut être trompé, mais pas l’ouïe.

En ce qui concerne les villes nouvelles :

On a trop souvent créé gratuitement des situations sonores pathologiques.

Propos de Jean-Claude Bonduelle, maire-adjoint de Nantes :

(...) j’aime ce mot de rumeur. Il me rappelle une anecdote : lors d’un séjour à Rome, j’ai demandé une chambre sans bruit. L’hôtelier s’était alors esclaffé : « Senza rumore, é impossibile a Roma ». En italien, rumore veut dire bruit. Nous, nous disons : rumeur des vagues, de la foule. Dans notre esprit, il s’agit d’un son amplifié mais supportable. Bruit, pour nous, reflète quelque chose de beaucoup plus agressant. Où commence l’un, où s’arrête l’autre, c’est vraiment subtil !

Acoustique urbaine, 1982.

(et maintenant, imaginer les rebonds sur la façade du Novotel)

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