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Cuisine, rideaux tirés.

dimanche 25 Juillet 2021, par Anne Savelli


(une cuisine pour Bruits)

Je ne sais pas s’il s’agit de repli, après la mort de Philippe, mais après ce que nous avons vécu la semaine dernière me revoici trois jours de suite dans Bruits, rideaux tirés à cause de la chaleur, sans sortir, sans penser à rien d’autre. Des personnages débarquent de minute en minute (le texte est précisément minuté). Je ne me sers même plus de ma frise, simplement de ce qui vient sans savoir ce que ça vaut. Pour la première fois, je laisse échapper ce qui peut-être me demandera plus tard une intense réécriture. Il s’agit de rester au creux du récit et de la fiction en dehors de tout autre (récit, fiction). Il sera toujours temps ensuite de se laisser surprendre comme de revenir au méta-livre (frise, fiches, carnets, dont un énorme retrouvé cet après-midi).

Le pauvre Mystag est laissé en plan. Pourtant, la légèreté de l’illusion ne ferait pas de mal. Au moins me dis-je que les deux manuscrits m’accompagnent.

C’est l’été, saison de clôture des messageries. Une vague de spams portugais roule ses anneaux comme un serpent, fait rempart, me promettant monts et merveilles.

Nous mettons tout de même en ligne la seconde lecture de À travers Champs, fragments à deux voix du livre écrit sur le campus de Marne-la-Vallée. Ici, l’histoire de deux solitudes : celle qui a peur de la vie, celui qui ne la trouve pas assez intense.

Côté lectures, je termine la biographie d’Oliver Sacks en notant de me pencher un peu sur l’œuvre de Gerald Edelman, biologiste dont il parle à la fin (cet éternel besoin de savoir comment fonctionne le cerveau, la conscience, etc). Je commence Ci-gît l’amer de Cynthia Fleury tout en sachant que ce qu’il faudrait aussi, c’est rouvrir Les Mots et les sons de François J. Bonnet — et peut-être le chapitre, consacré à Violette Leduc, d’un essai entamé au printemps, un livre sur les animaux des villes que j’avais découvert à la bibliothèque L’Alcazar, Ulysse qui attend toujours... Bref, neurologie et philosophie au menu, auquelles ajouter le second podcast de Julien Cernobori, SuperHéros (j’ai liquidé les 84 épisodes de Cerno évoqués ici il y a quinze jours).

Parler cuisine de l’écriture, oui, encore, toujours. Comment on se retrouve avec la vie entière d’un commissariat, d’un supermarché dans la tête. Comment, dans la pénombre, ils deviennent par moments la réalité de l’oloé et à quel point cette fiction, par sublimation, peut redonner de l’oxygène.

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