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site d’Anne Savelli

Semaine #37 nuits, jardin

dimanche 16 Septembre 2018, par Anne Savelli

Oui, il en faut, parfois, un "havre". Comment écrire, qu’écrire d’autre que le lieu où écrire (le rez-de-jardin de la BNF, par exemple, la salle P, la table 166 qui donne sur une vitre qui donne sur une vitre qui ferme le jardin aux parfums et aux pas, l’ouvre aux regards) quand la mort investit la place ? Ce semainier ne peut que prendre l’empreinte d’une amie disparue dans la nuit du 10 au 11 septembre, ne peut que penser à elle et à ceux qui l’aiment ; serpenter ensuite pour y inscrire un second mort, parti dans la nuit du 11 au 12 septembre, très proche de mes proches, que j’embrasse s’ils passent ici.
Ecrire le lieu, à nouveau, laisser venir les êtres.

*

L’image ci-dessus est le fantasme d’un autre havre, l’atelier d’Alberto Giacometti reconstitué dans le nouveau musée qui porte son nom, et que je réinventais (plus sale, sombre et clair à la fois) quand, étudiante en lettres, je lisais le livre de Genet.

L’atelier d’Alberto Giacometti, lu par Anne Savelli

Rester là et laisser pour plus tard la vie en cours. Dans le jardin et l’atelier, les projets, les lectures et le désir d’écrire sont tapis à attendre, ne pèsent rien de plus.
Ce semainier est dédié à Nadine.

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