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site d’Anne Savelli

Semaine #40 champs d’énergie

dimanche 7 Octobre 2018, par Anne Savelli

Quand j’ai lancé le semainier, en janvier dernier, je me suis dit : l’année va être si riche qu’il y aura toujours de quoi dire, on ne pourra pas s’ennuyer. Évidemment, je n’imaginais pas que le burn out allait passer par là, m’obligeant à tout arrêter pour plusieurs semaines. Mais voilà : la densité est de retour, ça se confirme, même à veiller au grain. Il y a à nouveau beaucoup à dire, et franchement ça me réjouit !

Et donc :

Lundi premier jour de résidence au lycée du Parc des Loges à Évry. Se lever assez tôt, prendre le RER D à gare du Nord, écrire dans le carnet des Villes passagères entamé à Marne-la-Vallée (j’en ferai peut-être un journal particulier posté sur remue.net dans le cadre de la résidence, suis en train d’y réfléchir en tout cas), longer la Seine, découvrir une mystérieuse maison du silence dès la sortie de la gare, traverser le centre commercial de l’Agora dont les boutiques sont encore fermées, croiser un oloé

retrouver Cécile Fruh puis Édith Alexandre, les professeure de lettres et documentaliste avec lesquelles le projet a été monté, rencontrer une première classe de seconde (sur les trois que je verrai régulièrement), déjeuner dans la salle des profs, enregistrer un peu de Décor Lafayette pour la webradio du lycée

Décor Lafayette

lecture qui inaugure un projet de bibliothèque sonore consacrée aux villes dont je reparlerai, assister à une réunion qui compte bien une douzaine d’enseignants, tous partants pour participer à la résidence (en lettres mais aussi en langues, histoire-géographie, informatique, maths, sport...), échanger à propos des neuf parcours à Paris que les élèves feront le mois prochain (voir la photo ci-dessus, prise par Édith), annoncer aussi qui je compte inviter au lycée à partir de janvier... tout cela, juste pour lundi.

Mardi tandis qu’hier s’ouvrait un nouveau chapitre, aujourd’hui, il s’agit d’en terminer un, au sens propre : Franck Queyraud, en charge des médiations numériques au service Médiathèques de Strasbourg, m’avait proposé avant l’été de participer à l’écriture d’un ouvrage collectif pour les presses de l’Enssib, dont le sujet serait : Développer les pratiques numériques littéraires en bibliothèque (parution en juin 2019). J’interviens en tant qu’autrice, dois expliquer comment le numérique change ou a changé mes pratiques, parle également de L’aiR Nu. Pourquoi cette photo de Roald Dahl pour illustrer le propos ? Eh bien, c’est que sa cabane d’écriture, située au fond d’un jardin, très loin en apparence de toute idée de connexion, ouvre ce chapitre intitulé Hautes herbes et hyper index. Que va en penser Franck ? On verra... En tout cas, pour le moment, le dossier est clos.

Mercredi Le hasard m’amène dans le quartier des grands magasins. Je me dis qu’une photo in situ de Décor Lafayette pourrait illustrer la lecture pour la webradio du lycée et c’est ainsi que me revoilà dans l’escalator. Comme toujours, c’est un grand plaisir de retourner sur les lieux du crime - DL a été écrit en 2011, déjà. Surtout, je réalise que Paris appartient aux villes passagères, que de revenir y écrire fait partie du projet. J’ai emporté le carnet que j’avais dans le RER lundi ; les élèves d’Évry, en novembre, se rendront pour certains d’entre eux aux Galeries : tout est lié, continue de l’être.

(Ne pas l’oublier tandis que Paris, où j’habite toujours, finira bien par me chasser hors de ses limites, sauf miracle immobilier improbable, c’est une question de temps) (Paris, où je suis née, restera chez moi par l’écriture, quoi qu’il puisse se produire, me dis-je pour me rassurer)

Jeudi Fermeture provisoire du dossier "Villes", réouverture tout aussi provisoire de celui qui me lie à la photographie : il s’agit d’aller lire un peu de À même la peau et de Volte-face lors de la soirée publie.net à la librairie La terrasse de Gutenberg orchestrée par Philippe Aigrain, qui dit de bien belles choses sur ce qu’il perçoit d’un mouvement littéraire souterrain. Au sous-sol où nous sommes réunis, justement (!), magnifiques lectures du Village de Joachim Séné et d’un texte inédit de Virginie Gautier, dont j’avais déjà entendu un passage à Chartres lors de la rencontre à la librairie L’Esperluète. C’est vraiment une joie et une fierté que de les écouter, d’être là avec eux.

(VF est toujours en lecture, les éditeurs ne se manifestent pas ? Je réalise qu’en ce moment, honnêtement, je m’en fous, je n’y pense pas, alors que l’attente a nettement contribué au déclenchement du burn out, au printemps dernier : il se passe tellement d’autres choses)

D’ailleurs dès le lendemain, hop, gare du Nord RER B, direction Robinson et la Vallée aux Loups : L’aiR Nu va à nouveau animer la Nuit de la lecture en janvier prochain sur le thème des correspondances. Nous voilà à imaginer, pièce par pièce, tout ce qui va se passer dans la maison de Chateaubriand. Il fait un temps splendide, le parc est un enchantement, et une fois de plus nous lions ce projet à celui des Villes passagères : les lectures rejoindront la bibliothèque sonore fin janvier, la soirée se terminera par une correspondance ville/village de notre cru. Bonheur de voir les choses si bien fonctionner ensemble, être si cohérentes... Et puis, j’aime l’automne, c’est sûr.

Le soir, je me rends à la Maison de la radio pour les 70 ans de la musique concrète. Autant dire que, côté ville, si je continue à avoir Saint-Germain-en-Laye en tête, Bruits reprend du service, lui aussi. Ça mijote, ça bouillonne, ça couve.

*

La semaine prochaine, on parlera à nouveau d’Évry puis de la Vallée aux Loups : j’y inviterai, le jeudi soir, Thierry Beinstingel. Il est d’ailleurs temps, pour moi, de replonger dans son Rimbaud. Bonne semaine à tous.

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