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Semaine #44 tempo(s) double(s)

dimanche 4 Novembre 2018, par Anne Savelli

C’est la semaine où je tente de rester cloitrée, où un message automatique vient dire que je n’y suis pour personne. Je rêve de dix semaines à la suite à ne tenter de ne faire qu’écrire, de suivre le programme de Paul Auster entendu il y a quelques semaines à France Culture : se lever, prendre un café, lire les journaux puis écrire de 9h à 17h. Mais c’est un luxe, celui d’un homme qui ne vit que de la vente de ses livres.
À ce propos, plusieurs matins de suite, je lis l’ouvrage collectif publié par Monstrograph, la maison d’édition de Martin Page et Colline Pierré : Les artistes ont-ils vraiment besoin de manger ? (excellent livre) Mais, ayant suspendu le traitement qui me rendait à peu près zen depuis des mois, je constate qu’au bout d’une heure un accès de fureur me prend. Je suis exaspérée par l’attente liée à VF, interminable et mal élevée (six mois : toujours aucune réponse) (je n’attends plus rien depuis un moment mais enfin), ai envie de tout balancer. De voir que c’est monnaie courante, que tout le monde est maltraité, n’arrange rien. Je respire, respire, et n’envoie pas de mail.
Je me console en me disant que Bruits, je l’auto-publierai. De toutes façons, un roman de 1200 pages écrit par moi est impubliable, je n’ai rien à perdre. Comme j’en ai pour plusieurs années d’écriture, je vais en profiter pour apprendre à fabriquer un livre, me dis-je. Celui-là est totalement jouissif, une fois qu’on a pu s’y remettre : il ne faut plus lâcher, maintenant. J’ai trouvé une solution pour écrire Saint-Germain en même temps et ces jours-ci ça marche. Ne rien laisser en route, pas facile les semaines où ma présence est plus d’une fois requise (ateliers, etc) - ce qui sera le cas la semaine prochaine. Mais garder, ne serait-ce que dix minutes par jour, comme au temps de Fenêtres, oui, il faut.
Quand on y est, dans l’écriture, on devient féroce. Tout le reste est entrave. Alors on respire...

J’arrêterai ce semainier fin décembre, je pense, parce que j’avais décidé de ne l’écrire qu’un an et que j’aurai tenu. Ce sera aussi un moyen parmi d’autres de récupérer ces "dix minutes par jour"... Enfin, nous verrons. En attendant, j’ai fait un tour à Saint-Germain (photos), neuf ans de ma vie si j’ai bien compté au milieu des belles pierres et de la bourgeoisie.

La fin de la semaine est moins équilibrée, côté écriture, il faut à nouveau penser tout le reste (projets, argent, ateliers). Mais quelque chose s’est produit, a avancé durant ces quelques jours. Et puis, la tribune de jeunes auteurs publiées dans Le Monde, Pour dire notre époque monstrueuse, il faut des romans monstrueux me conforte, même si je ne pense pas qu’un genre, en soi, pose problème - c’est ce qu’on en fait, ce qu’on nous pousse à en faire, et pour quelles raisons.

Le samedi (pardon, Mathilde, pour le flou de la photo), je fais l’acquisition d’un tableau de Mathilde Roux appelé Bruits, comme mon livre : j’en rêvais depuis deux ans. C’est un signe de confiance (en moi, en ce tableau, en nous). Un porte-bonheur.

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Messages

  • (faire son livre soi-même, je suis sur cette voie aussi, sans aucun repérage par contre et bien ignorante de comment faire pour goupiller ça, mais au final qu’y a-t-il à perdre hein) (et puis ces mois d’attente pour une réponse, comme tu le dis, c’est tellement inconfortable arghhhhh) (go, donc go :-)))

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