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		<title>Fen&#234;tres Open Space</title>
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		<title>Autoportrait &#224; la Lev&#233;</title>
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		<dc:date>2020-11-18T12:29:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;crire</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>autobiographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comme son nom l'indique.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://annesavelli.fr/IMG/jpg/11_ipad_chez_martine.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://annesavelli.fr/IMG/jpg/11_ipad_chez_martine.jpg?1605702206' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p align=justify&gt;&lt;i&gt;Autoportrait &#233;crit apr&#232;s le confinement de mars 2020 en imaginant que ce serait le seul, lu aux participants de l'atelier dans cet endroit pris en photo mais laiss&#233; en brouillon jusqu'au 18 novembre 2020. Je pense l'augmenter de temps &#224; autres sans pr&#233;venir.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je tente un autoportrait &#224; la &#201;douard Lev&#233; parce que je vais proposer tout &#224; l'heure, en fin d'apr&#232;s-midi, &#224; sept personnes qui seront chacune chez elles ou dans le lieu de leur choix, d'&#233;crire un autoportrait &#224; la &#201;douard Lev&#233;. &lt;i&gt;Autoportrait&lt;/i&gt; d'&#201;douard Lev&#233; est le premier livre que j'ai achet&#233; apr&#232;s le confinement du printemps 2020. Marcher dans Paris pour acheter &lt;i&gt;Autoportrait&lt;/i&gt; d'&#201;douard Lev&#233; est la premi&#232;re chose que j'ai faite le premier jour du post-confinement apr&#232;s avoir, la veille, rep&#233;r&#233; une librairie o&#249; il se trouvait sur le site Place des libraires. J'aime rep&#233;rer un livre et me rendre dans une librairie en sachant qu'il va s'y trouver. J'aime entrer dans les librairies sans savoir ce que je veux. J'aime ne rien demander aux libraires. Je n'ai jamais peur d'entrer dans une librairie mais dans une petite galerie d'art, si. G&#233;n&#233;ralement, j'entre dans les lieux qui m'intimident apr&#232;s m'&#234;tre exhort&#233;e quelques instants &#224; le faire. &#192; partir de l'adolescence, j'ai commenc&#233; &#224; me rendre seule au cin&#233;ma ou dans des mus&#233;es sans attendre que quelqu'un m'accompagne. Je trouve plus confortable de se rendre &#224; plusieurs dans un lieu culturel mais cela n'entre pas dans mes crit&#232;res de choix, sauf pour un concert &#8212; pas toujours. Je n'ai pas gagn&#233; en confiance avec les ann&#233;es. Je me rappelle que la situation est inconfortable uniquement lorsque je m'y trouve. Je vais presque toujours voir des groupes dont je ne connais pas les chansons. Dans un concert, lorsque je ne connais pas les chansons, je m'ennuie et pense &#224; autre chose. Je n'aime pas rester debout sans bouger mais je n'ai compris que tr&#232;s tard pourquoi. Quand je m'ennuie, debout, je pense &#224; des choses mat&#233;rielles. J'ai vu Miriam Mak&#233;ba &#224; l'Olympia. Des ann&#233;es plus tard, j'ai cru que je l'avais vue seule ce soir-l&#224; mais c'&#233;tait faux : dans un commentaire de mon blog, ma meilleure amie m'a rappel&#233; qu'elle &#233;tait venue avec moi. J'ai eu honte de ce faux souvenir et de l'avoir relat&#233; sur mon blog mais je n'ai pas supprim&#233; l'article qui parlait de la musique que j'&#233;coutais, ou entendais, lorsque j'&#233;tais enfant. Enfant, j'ai &#233;cout&#233; les cassettes puis les disques de ma m&#232;re : Georges Brassens, L&#233;o Ferr&#233;, Paco Ibanez, Jeanne Moreau, Miriam Makeba et plus tard Bob Marley, Simon et Garfunkel, Pink Floyd. Vers dix ou onze ans, de mon c&#244;t&#233;, j'ai &#233;cout&#233; Elvis Presley sur une cassette faite maison, les 45 tours de Blondie, Sheila pour une seule chanson, Nina Hagen et The Police. Vers cinq ans, je chantais &lt;i&gt;Quand je pense &#224; Fernande je bande&lt;/i&gt; en disant &lt;i&gt;la pendaison papa &#231;a ne se commande pas&lt;/i&gt;. J'ai aper&#231;u Simone de Beauvoir &#224; la F&#234;te des femmes. Je n'ai pas encore lu &lt;i&gt;Le Deuxi&#232;me sexe&lt;/i&gt;. Je poss&#232;de un grand nombre de livres non lus. Pendant la pand&#233;mie, j'ai termin&#233; &lt;i&gt;L'Art de la joie&lt;/i&gt; de Goliarda Sapienza. Juste apr&#232;s, le m&#234;me jour, je suis all&#233;e &#224; la pharmacie. Au retour, il y avait un mot dans le hall de l'immeuble : une voisine cherchait &#224; lire &lt;i&gt;L'Art de la joie&lt;/i&gt; et demandait si quelqu'un pouvait le lui pr&#234;ter. En remerciement, un mois plus tard, elle m'a offert des chocolats. Pendant le confinement, j'ai demand&#233; par mail &#224; mon dentiste s'il pr&#233;f&#233;rait des fleurs ou du chocolat pour notre dernier rendez-vous. Depuis quelques ann&#233;es, je m'entends bien avec mes soignants. Je communique par mail avec mon dentiste et mon nutritionniste, par t&#233;l&#233;phone avec ma gyn&#233;cologue et ma psychiatre. J'ai pass&#233; une semaine en clinique psychiatrique. Je n'ai pas assez voyag&#233;. Je n'ai pas eu de passeport valide pendant plus de vingt ans. J'ai &#233;t&#233; invit&#233;e &#224; l'universit&#233; de Montr&#233;al pour parler de mes livres mais la rencontre a &#233;t&#233; report&#233;e &#224; cause de la pand&#233;mie. Pour parler de mes livres, j'ai voyag&#233; dans presque toute la France. Je ne me consid&#232;re pas comme une animatrice d'ateliers d'&#233;criture professionnelle mais c'est souvent pour cette raison qu'on me donne de l'argent. J'ai anim&#233; des ateliers au mus&#233;e du Louvre, au Grand Palais, au ch&#226;teau de Versailles et dans la biblioth&#232;que de Chateaubriand. Je ne suis jamais all&#233;e &#224; l'op&#233;ra. Je me demande s'il faut que je continue &#224; &#233;crire sur les grands magasins. Pendant le confinement, j'ai regard&#233; un reportage sur le KadeVe, un autre sur le Goum, un sur Macy's. J'ai &#233;galement regard&#233; des films de Xavier Dolan et de Jean-Pierre Melville. J'ai d&#233;couvert le cin&#233;ma de Xavier Dolan pendant le confinement sur un tr&#232;s grand poste de t&#233;l&#233;vision. &#192; une &#233;poque, je r&#233;digeais enti&#232;rement, sous pseudonyme, un magazine sur les s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es. Je n'aime ni le shopping, ni les photos de mode. En relisant cet autoportrait je d&#233;couvre, par un article du Parisien de l'an 2000, que Miriam Makeba a chant&#233;, &#034;avec Marilyn Monroe&#034; &#224; l'anniversaire du pr&#233;sident Kennedy. J'ai &#233;crit un livre sur Marilyn Monroe rest&#233; &#224; ce jour in&#233;dit mais qui va &#234;tre publi&#233;. &#192; l'adolescence, j'ai entam&#233; une collection de photos de Marilyn Monroe que j'achetais 20 francs pi&#232;ce dans une boutique enti&#232;rement consacr&#233;e &#224; l'actrice, rue des Canettes, &#224; Paris. J'ai grandi &#224; Paris, Marseille, Bures-sur-Yvette, Aix-en-Provence, Saint-Germain-en-Laye, Vincennes et Saint-Mand&#233;. Je ne viens pas de la bourgeoisie. J'ai cinq demi-fr&#232;res et s&#339;urs dont je suis l'a&#238;n&#233;e. J'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e comme une fille unique. J'ai donn&#233; le biberon &#224; une de mes s&#339;urs et un de mes fr&#232;res. Je refuse que quelqu'un &#233;crive ma page Wikip&#233;dia. J'ai &#233;crit la page de Wikip&#233;dia de Janet Frame pour la France sans &#234;tre tout &#224; fait certaine de ce que je disais. Je regrette de n'avoir pas os&#233; envoyer de mail &#224; Janet Frame juste avant sa mort alors qu'elle aimait en recevoir, disant que c'&#233;tait des po&#232;mes qui filaient dans le ciel. J'ai fait des &#233;tudes en double cursus &#224; la Sorbonne. Vers 25 ans, apr&#232;s n'avoir &#233;tudi&#233; que des auteurs fran&#231;ais et morts, j'ai d&#233;cid&#233; de lire des livres &#233;crits par des femmes &#233;trang&#232;res, vivantes si possible. J'ai lu des livres de Janet Frame, Latife Tekin, Dulce Maria Cardoso en traduction fran&#231;aise. J'ai assist&#233; &#224; une lecture de Latife Tekin &#224; la mairie du 2e arrondissement, &#224; Paris et lui ai demand&#233;, par interpr&#232;te interpos&#233;, quand elle serait &#224; nouveau traduite en France. Je regrette que tous les livres de Janet Frame ne soient pas traduits en fran&#231;ais, en particulier ses romans. Un auteur, traducteur de Janet Frame, m'a encourag&#233;e &#224; le faire mais je ne m'en sens pas capable. J'ai d&#233;couvert les livres de Violette Leduc par Jean Genet et je les ai tous lus. J'ai &#233;crit un m&#233;moire de 200 pages sur l'univers carc&#233;ral dans l'&#339;uvre de Jean Genet. Je n'ai jamais termin&#233; son dernier livre, paru pendant la r&#233;daction de mon m&#233;moire, et ne l'ai jamais dit &#224; personne. Je me souviens que Jean Genet et Simone de Beauvoir sont morts le m&#234;me jour. J'ai v&#233;cu un an sans t&#233;l&#233;phone et six mois sans eau chaude, mais pas au m&#234;me moment. Je me sens introvertie et extravertie, mais pas en m&#234;me temps. Les moments o&#249; je me sens devenir extravertie alors que je pr&#233;f&#233;rerais &#234;tre introvertie, et vice-versa, me rendent mal &#224; l'aise. Je joue &#224; des jeux de lettres toute seule. J'aime battre mes propres records. Les records des autres m'indiff&#232;rent. J'aime aller au bout de ce que j'entreprends. J'ai longtemps aim&#233; aller au bout de quelque chose pour la seule beaut&#233; du geste, mais de moins en moins. Je suis tr&#232;s pers&#233;v&#233;rante. Je me lasse tr&#232;s vite. J'ai besoin de solitude dans une journ&#233;e. Je suis sociable avec des gens tr&#232;s diff&#233;rents, mais pas avec n'importe qui. J'&#233;coute les conseils qu'on me donne sans les suivre. Je ne suis pas mythomane. Je ne suis pas mat&#233;rialiste. J'ai toujours achet&#233; des livres. J'ai &#233;t&#233; au RMI mais pas au RSA. J'ai v&#233;cu &#224; Saint-Ouen. J'ai particip&#233; &#224; un jeu t&#233;l&#233;vis&#233; pour gagner en trois jours l'argent d'un billet d'avion pour le Mexique. J'ai gagn&#233; exactement le prix du billet : 5000 francs. Je suis all&#233;e &#224; Mexico, Veracruz, Palenque, San Cristobal, sur la c&#244;te pacifique et &#224; Oaxaka. J'ai dormi une nuit &#224; Houston, Texas. J'ai vu des puits de p&#233;trole d'avion. Je sais garder des secrets. J'ai des secrets. Je suis jalouse des &#233;crivaines de mon &#226;ge qui r&#233;ussissent mieux que moi et je l'&#233;tais d&#233;j&#224; quand je n'&#233;tais pas publi&#233;e, mais &#231;a ne dure pas. Je n'&#233;cris pas de livres grand public mais ce n'est pas voulu. Je ne savais encore ni lire ni &#233;crire quand j'ai voulu devenir &#233;crivain. J'ai mis du temps &#224; dire &#233;crivaine au lieu de dire &#233;crivain. J'ai dit autrice tr&#232;s facilement. J'aime principalement qu'on me laisse tranquille. Je ne suis pas patiente. Quand quelqu'un me regarde de haut, je n'&#233;coute plus ce qu'il dit. J'ai fait un burn-out avec deux rechutes, ou trois burn-out. Depuis, je ne r&#233;ponds plus aux mails ni aux messages du tac au tac. Parfois, je r&#234;ve de la vie de Paul Auster sans la conna&#238;tre en r&#233;alit&#233;. Je n'ai jamais eu envie d'int&#233;grer aucun milieu professionnel. J'ai subi du m&#233;pris de classe et j'en ai exerc&#233;. Je fantasmais sur le milieu litt&#233;raire quand j'&#233;tais &#233;tudiante mais je n'ai jamais eu envie d'entrer dans le milieu de l'&#233;dition, ni dans celui de la librairie, ni celui du journalisme, ni celui de la publicit&#233;, ni celui de la communication. Je n'ai jamais voulu devenir enseignante du secondaire, documentaliste ni biblioth&#233;caire m&#234;me si j'ai parfois dit le contraire. J'ai &#233;t&#233; titulaire de la carte de presse durant plusieurs ann&#233;es. J'ai travaill&#233; pour une start-up am&#233;ricaine et pourtant australienne dont les locaux principaux &#233;taient &#224; San Francisco, mais aussi &#224; Amsterdam, puis &#224; Londres. &#192; seize ans, je r&#234;vais d'&#234;tre David Bowie. Je r&#234;ve encore d'&#234;tre &#233;rudite mais je pr&#233;f&#232;re la cr&#233;ation. J'oublie la plupart des livres que je lis. Je note au fur et &#224; mesure les livres que je lis et, depuis cette ann&#233;e, les films que je vois, les &#233;missions de radio, les reportages, les expositions, les documentaires. Je n'aime pas les gens pr&#233;visibles. Les obsessionnels me fascinent. Je me m&#233;fie de l'admiration, mais moins qu'il y a quelques ann&#233;es. Je n'ai jamais habit&#233; une maison. Adulte, j'ai v&#233;cu seule puis &#224; deux dans une chambre de bonne, seule, &#224; deux et &#224; trois dans des studios, &#224; deux dans un deux-trois pi&#232;ces, &#224; trois dans un trois pi&#232;ces. J'ai &#233;t&#233; formatrice en fran&#231;ais, b&#233;n&#233;vole puis professionnelle. J'ai &#233;crit sous deux ou trois pseudonymes. J'ai eu jusqu'&#224; cinq employeurs en m&#234;me temps. J'ai v&#233;cu et fait du soutien scolaire dans le quartier de la Goutte d'or mais pas &#224; la m&#234;me &#233;poque. J'ai habit&#233; dans le d&#233;sordre rue Poulet, rue &#201;mile Zola, rue du Coton rouge, rue du Talus du cours, rue des Vinaigriers, rue de la Procession, rue du colonel-Oudot. J'ai lu &lt;i&gt;&#192; la recherche du temps perdu&lt;/i&gt; pendant trois mois rue des Vinaigriers en notant dans un r&#233;pertoire les d&#233;finitions des mots que je ne connaissais pas. Je n'ai jamais retrouv&#233; ailleurs que chez Proust le mot alpenstock, du moins je ne m'en souviens pas. Je n'ai jamais fait de danse classique. J'ai pris des cours d'aikido, de judo, de ski, d'&#233;quitation, de piano, de chant classique, d'informatique, d'histoire de l'art, de gymnastique, de conduite, de salsa, de yoga, de m&#233;ditation. Je me suis demand&#233;e pendant un week-end si j'allais ou non, volontairement, me retrouver &#224; la rue. J'ai eu des amis &#224; la rue. Je n'ai jamais fait la manche, ni avec eux ni sans eux mais je les ai vus faire. J'ai d&#233;j&#224; d&#238;n&#233; dans un squat. Je ne me suis jamais prostitu&#233;e. Durant deux ans, je suis all&#233;e voir quelqu'un en prison dans trois villes diff&#233;rentes tout en poursuivant mes &#233;tudes. Je n'ai tu&#233; personne. Mon casier judiciaire est vierge. J'ai assist&#233; &#224; des proc&#232;s au palais de justice de Paris avec un ami mais je ne me souviens ni des victimes, ni des accus&#233;s. J'ai &#233;t&#233; punk. J'aime traverser la Seine. J'ai un enfant. J'ai accouch&#233; une fois. J'ai quitt&#233; la maternit&#233; en courant parce que l'inscription &#233;tait trop longue puis je suis revenue. J'ai eu internet &#224; la fin des ann&#233;es 90. J'ai cherch&#233; du travail sur un site d'annonces de T&#233;l&#233;rama. J'ai &#233;t&#233; responsable de la rubrique design de salles de bain pour un livre paru chez Hachette. J'ai travaill&#233; dans le milieu associatif, &#224; la t&#233;l&#233;vision, dans la presse, en start-up, dans l'&#233;dition, dans la communication, en librairie. J'ai &#233;t&#233; figurante dans un feuilleton &#224; la Plaine Saint-Denis dans les ann&#233;es 90. J'ai travaill&#233; deux fois &#224; c&#244;t&#233; des Champs-&#201;lys&#233;es. J'ai sign&#233; un seul CDI, qui a dur&#233; un an et demi. J'ai &#233;t&#233; pay&#233;e &#224; l'heure, &#224; la t&#226;che, &#224; la pige, en droits d'auteur, en salaire, au noir, par pr&#233;l&#232;vement, en ch&#232;ques, en esp&#232;ces. J'ai fait du troc. J'ai aid&#233; un homme de cent ans &#224; &#233;crire son livre. Parmi tous mes &#233;diteurs, certains ne m'ont jamais envoy&#233; de relev&#233;s de droits. J'ai jou&#233; le r&#244;le d'une photographe muette dans un court-m&#233;trage jamais distribu&#233;. J'ai &#233;t&#233; film&#233;e en train de caresser une statue de Maillol. J'ai crois&#233; Serge Gainsbourg. J'ai failli travailler sur le Pont neuf emball&#233; par Christo. J'ai &#233;t&#233; blonde platine. J'ai &#233;t&#233; choriste dans un groupe de rock. Je lis mes livres en public. J'ai travaill&#233; avec des guitaristes, des danseurs, des performers mais jamais encore avec un ou une photographe. J'ai contribu&#233; &#224; cr&#233;er un collectif, qui a cr&#233;&#233; une association. Je ne regarde ni n'&#233;coute jamais les cha&#238;nes d'information en continu. Depuis la pand&#233;mie je n'&#233;coute quasiment plus France Culture, moins encore France Inter. J'aime &#233;couter des podcasts inconnus. J'aime l'exploration. J'aime &#233;couter sans images. Le son sans paroles me provoque des images mentales. J'aime le son parce qu'il demande du temps et qu'on y rencontre moins d'exhibitionnistes que dans les tables rondes ou sur les r&#233;seaux sociaux. Je sais interroger des gens dans un cadre professionnel mais j'ai horreur de &#231;a. Depuis la pand&#233;mie je ne prends plus les transports en commun et j'ai d&#233;cid&#233; de continuer. J'aime marcher. Je n'ai jamais surf&#233; sur un site de rencontres. Il manque une personne &#224; l'atelier sur &lt;i&gt;Autoportrait&lt;/i&gt; d'&#201;douard Lev&#233;, qui s'est excus&#233;e. Je continue d'&#233;crire en m&#234;me temps que les participants. C'est vrai, et c'est faux aussi : l'atelier est termin&#233; depuis longtemps. J'augmente le texte au fil des jours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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