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		<title>Sortir de Paris</title>
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		<dc:creator>Anne Savelli</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Le Grand Paris existe-t-il en litt&#233;rature ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://annesavelli.fr/ateliers-et-cie/critique-litteraire/" rel="directory"&gt;Critique litt&#233;raire&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_36 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://annesavelli.fr/IMG/jpg/bookwitty.jpg?1532349212' width='500' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Grand Paris Express, ce gigantesque projet de restructuration des transports en &#206;le-de-France qui reliera &#224; terme les villes de banlieue sans passer par la capitale, reste pour l'instant relativement abstrait &#8211; dans certains esprits, du moins, dont le mien. Le chantier va encore durer des ann&#233;es : comment se repr&#233;senter malgr&#233; tout le territoire qu'il unifiera ? Par la litt&#233;rature, peut-&#234;tre ? Voici, en attendant, une exploration de la banlieue par cercles concentriques, des espaces les plus denses aux plus a&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;La Cl&#244;ture&lt;/i&gt; de Jean Rolin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Restons pr&#232;s de Paris, pour commencer : dans La Cl&#244;ture, paru en 2002, Jean Rolin explore &#224; la fois le boulevard Ney, qui relie les portes de Saint-Ouen et d'Aubervilliers, et la vie du mar&#233;chal qui lui donne son nom. Nous sommes en bord de ville, dans un fr&#244;lement constant entre Paris et sa banlieue, no man's land apparent o&#249; des hommes et des femmes vivent, en r&#233;alit&#233;, et que le narrateur rencontre tout en parcourant un territoire d&#233;crit avec une grande minutie et une certaine ironie. Rolin ne se contente pas de &#171; croquer &#187; les lieux en quelques phrases, il y r&#233;side. Cela donne, par exemple : &#171; &lt;i&gt;La veille de la bataille, tandis que Napol&#233;on, de son c&#244;t&#233;, grignotait une poitrine de mouton arros&#233;e d'un demi-verre de Chambertin, je constatai quant &#224; moi que le distributeur automatique de plats chauds install&#233; dans le hall de l'h&#244;tel Formule 1 &#233;tait en panne (&#8230;). De la chambre 733, &#224; travers la fen&#234;tre inamovible, se voyaient la chauss&#233;e du p&#233;riph&#233;rique, les b&#226;timents anciens et les b&#226;timents plus r&#233;cents de l'h&#244;pital Bichat, et au-dessus de tout &#231;a, un peu en retrait, la silhouette mal cadr&#233;e du Sacr&#233;-Coeur&lt;/i&gt; &#187;, passage qui pr&#233;c&#232;de un tour dans le quartier o&#249;, tandis que la nuit tombe, il croise un type moins h&#233;ro&#239;que que celui qui lui occupe l'esprit...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se faire une id&#233;e du p&#233;riple en regardant cette &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=eq3HGdvy7mo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt; tourn&#233;e par un autre &#233;crivain, Jean-Paul Hirsch, qui interroge l'auteur de&lt;i&gt; La Cl&#244;ture&lt;/i&gt; en le filmant sur place. La voix de Rolin est parfois recouverte par le passage des voitures, &#233;cho assez juste de ce qu'il raconte dans le livre (vers la troisi&#232;me minute, du reste, on entend la lecture d'un bel extrait qui &#233;voque la texture sonore du p&#233;riph&#233;rique).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Un livre blanc &lt;/i&gt; de Philippe Vasset&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cinq ans plus tard, en 2007, un autre &#233;crivain part explorer les alentours de Paris. Il s'agit de Philippe Vasset, qui d&#233;cide de se rendre dans tous les endroits que l'Institut G&#233;ographique National (IGN) laisse en blanc sur les cartes de la r&#233;gion parisienne. Pourquoi ces zones sont-elles vierges, sur le papier ? Qu'est-ce qu'on y trouve, en r&#233;alit&#233; ? Ces espaces situ&#233;s sous les ponts d'autoroutes, berges, terrains vagues, militaires, ces zones abandonn&#233;es ou au contraire en cours de comblement, comment y acc&#233;der ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un livre blanc r&#233;pond &#224; la question, du moins en partie : &#171; &lt;i&gt;C'est le paradoxe des friches : il y a toujours des cl&#244;tures et des pancartes indiquant que le site est gard&#233; vingt-quatre heures sur vingt-quatre par une entreprise au nom mena&#231;ant (Eurogards, Vigilantis, etc.), mais il existe immanquablement un moyen d'entrer facilement, comme si les propri&#233;taires pr&#233;f&#233;raient laisser des passages d&#233;rob&#233;s permettant aux r&#244;deurs les plus obstin&#233;s d'aller et venir comme par des chati&#232;res plut&#244;t que de devoir chaque semaine r&#233;parer les trous dans le grillage.&lt;/i&gt; &#187; Et de se faufiler, quitte &#224; risquer quelques ennuis. Au Bourget, &#224; Chevilly-la-rue, &#224; Bondy, la d&#233;couverte de ces zones blanches n&#233;cessite tout de m&#234;me une sorte d'initiation, d'apprentissage que Philippe Vasset nous invite &#224; faire avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Passagers du Roissy-Express&lt;/i&gt; de Fran&#231;ois Maspero&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans Les Passagers du Roissy-Express, l'&#233;crivain et &#233;diteur Fran&#231;ois Maspero et la photographe Ana&#239;k Frantz partent, eux, &#224; la d&#233;couverte de la banlieue via la ligne B du RER, d&#233;part Roissy, terminus la vall&#233;e de Chevreuse. Ils descendent &#224; chacune des trente-huit gares, observent, s'interrogent, se rep&#232;rent, logent sur place, repartent... Il &#233;crit, elle photographie. Le journal de bord de ce p&#233;riple, paru en 1990, n'est pas r&#233;dig&#233; &#224; la premi&#232;re personne du singulier ni du pluriel : c'est un &#171; ils &#187; qui guide le r&#233;cit. Maspero met en sc&#232;ne avec humour ce duo o&#249; la femme para&#238;t plus aventureuse que l'homme, n'h&#233;site pas &#224; aller &#224; la rencontre des habitants tandis qu'il s'inqui&#232;te parfois pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Po&#233;tique, politique, riche des notes prises sur place, de r&#233;f&#233;rences litt&#233;raires et de clich&#233;s noir et blanc, c'est un ouvrage d'une grande libert&#233;. &#201;crit avant l'av&#232;nement du t&#233;l&#233;phone portable et du GPS, il nous renvoie &#224; une &#233;poque o&#249; arpenter le lieu et s'y donner rendez-vous, c'&#233;tait risquer de s'y perdre, de s'y rater plus facilement qu'aujourd'hui. L'attention port&#233;e &#224; ce(ux) qui nous entoure(nt), le choix de laisser le hasard guider les pas en sont d'autant plus aigus. Un livre humain et pr&#233;cieux, stimulant, &#224; lire et &#224; relire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;La R&#233;volution de Paris&lt;/i&gt; de Paul-Herv&#233; Lavessi&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution de Paris, tel est le titre du livre &#233;crit par un jeune urbaniste et g&#233;ographe, Paul-Herv&#233; Lavessi&#232;re, d&#233;sireux de d&#233;couvrir ce fameux &#171; Grand Paris &#187; dont on nous parle sans qu'on puisse se l'approprier. Accompagn&#233; de Baptiste Lanaspeze, fondateur de la maison d'&#233;dition &#233;cologiste Wildproject, qui le publie, justement, et dont le but est de cr&#233;er des sentiers m&#233;tropolitains, Lavessi&#232;re dessine une grande boucle de six jours de marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son texte est destin&#233; aux randonneurs, certes, mais pas seulement : on peut tr&#232;s bien le lire avec plaisir sans bouger de son fauteuil, m&#234;me si Lanaspeze, en pr&#233;face, annonce la couleur : &#171; &lt;i&gt; Le voyage n'est pas une chose mentale. Il ne suffit pas de lire le livre. C'est l'orgueil des grandes villes de croire que les biblioth&#232;ques peuvent &#233;puiser le monde. Non, il ne suffit pas de comprendre, ni de penser. Il faut marcher.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Fran&#231;ois Maspero et Jean Rolin, admir&#233;s et cit&#233;s (du reste, Rolin finit par les rejoindre !), Lavessi&#232;re et Lanaspeze se servent de cette marche pour faire des pas de c&#244;t&#233;, regarder le monde d'un &#339;il neuf. Curieux, attentifs &#224; ne pas c&#233;der aux a priori, ils relient Saint-Denis &#224; Cr&#233;teil, Cr&#233;teil &#224; Versailles et Versailles &#224; Saint-Denis en arpentant des paysages tant&#244;t tr&#232;s bruyants et urbains, tant&#244;t a&#233;r&#233;s, sereins m&#234;me. Une exp&#233;rience &#224; suivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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