Fenêtres Open Space

site d’Anne Savelli

Croisements

dimanche 16 Octobre 2022, par Anne Savelli

Drôle de semaine, tout de même, où j’ai commencé par répondre aux questions de François Bon pendant deux heures, lundi soir, en visio, devant une vingtaine de personnes, en revisitant vingt ans de publication. François a été le premier à me faire confiance, il y a vingt ans justement, en publiant dans la revue de son site (remue.net, alors) le début de ce qui allait devenir Fenêtres open space, un livre qui aurait pu, dans la foulée, trouver une place chez un éditeur dit prestigieux si je n’avais eu l’idée de "croiser" les trajets décrits dans le livre, l’un sous une forme poétique, l’autre à teneur plus autobiographique.

Cette hétérogénéité, qu’on retrouve dans Décor Lafayette et Décor Daguerre, j’ai toujours eu grand mal à l’imposer et pourtant, j’y ai toujours tenu — dans ce cas précis, l’éditeur, qui aimait la partie poétique, ne m’avait pas demandé de retirer les fragments autobiographiques du texte, et/ou de le retravailler. J’avais pris ça pour un manque de désir et ne lui ai jamais répondu. Mais je ne suis pas sûre que j’aurais été contente si j’avais tenté de "lisser" mon manuscrit. On ne le saura jamais (six ans plus tard, un autre éditeur me dira qu’au contraire, c’est justement ce croisement-là qui l’intéressait).

J’ai toujours senti que je devais suivre mon instinct, aller exactement là où j’avais le désir de me rendre, même quand tout était flou devant moi, et c’est ce que j’ai raconté, ce lundi soir. Ce fut un moment important, un jalon, même : la première fois que je pouvais retracer tout le trajet. Je m’y suis jetée tout entière.

L’ironie de la chose, c’est que le lendemain, alors que je venais de raconter l’indifférence qu’a commencé par susciter Musée Marilyn (en 2018 quand il a commencé à circuler, je ne recevais jamais de réponse), celui-ci s’est retrouvé dans la liste du prix Médicis essais ! J’avoue que je n’ai pu m’empêcher de sourire. Même si j’ai conscience de n’avoir aucune chance de remporter ce prix — ne serait-ce que parce que MM n’est pas à proprement parler un essai — j’ai imaginé un instant la tête de celles et ceux qui ne m’ont jamais répondu.

(Si ça se trouve, ils ont oublié l’avoir reçu un jour. Et quoi qu’il en soit, cette projection doit demeurer fugace.)

La visio de lundi m’a permis également d’expliquer comment et pourquoi les ateliers de François Bon m’ont aidé à écrire Saint-Germain-en-Laye alors que MM attendait de trouver le bon éditeur, et que j’avais déjà une quinzaine de publications derrière moi. C’est un livre que j’aurais pu écrire à une autre période, mais il se serait présenté de façon différente. J’en ai déjà parlé ici, je n’y reviens pas, mais je suis contente d’avoir pu dire ce que je devais aux propositions d’écriture de François.

Le reste de la semaine, j’ai accéléré la cadence pour terminer Lier les lieux, élargir l’espace, le livre sur Perec, et j’ai réussi, il faut croire, puisque j’en suis pile au nombre de signes demandés. La fin est sans doute à reprendre mais je laisse reposer, et ce d’autant plus que demain, s’ouvre la première partie de la résidence de L’aiR Nu au lac de Grand-Lieu : j’y resterai une semaine et, si tout va bien, vous verrez se réactiver les réseaux sociaux du collectif. Nous avons un livre à écrire, un feuilleton numérique à imaginer, des rencontres en public à organiser. Le prochain semainier devrait être champêtre et déborder de lectures, de discussions. À dimanche prochain pour raconter cela !

(La photo ci-dessus montre une partie des livres que nous allons utiliser et qui s’apprêtent à voyager.)

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