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En développement

dimanche 3 Mai 2026, par Anne Savelli

C’est une semaine où je me trompe de sens dans le métro parce que je lis ou que je pense à mon livre.
Une semaine où, comme toujours, je me demande si je me disperse ou non, si travailler sans gagner de l’argent c’est travailler, si gagner de l’argent sans travailler ce ne serait pas mieux vu.
(Guillaume Ertaud m’a sans le savoir sauvé provisoirement la mise lors d’une discussion en me parlant de développement : nous développons le projet Par-là Paris, je développe mon podcast. Bon, ça va faire 3 ans que Faites entrer l’écriture existe, et L’aiR Nu fête sa 11e année, mais enfin !)
Une semaine où plusieurs personnes me disent, ou viennent de me dire, l’heure qu’il est — où iels en sont de leur lecture de Bruits, qui n’est donc un livre ni mort, ni enterré.
Où j’ai, momentanément en tout cas, terminé le mur d’images de ma chambre, sur lequel on trouve bien moins de références à ce que j’ai déjà fait qu’à ce que j’ai l’intention d’écrire ces prochaines années.
Où je récapitule les "scènes" sur lesquelles j’ai commencé à travailler pour mon prochain livre, soit : 14 chantiers. Ah oui, tout de même.
(Parfois, il faut compter, quantifier, sinon, on ne se rend pas compte de ce qu’on a mis en oeuvre, on a l’impression de n’avoir rien fait.)
Où j’écris un texte pour un ouvrage collectif à paraître, puis le laisse reposer.

J’aime quand les choses sont bouclées : le séjour à Nantes, ce texte terminé, le marathon Marilyn Monroe. J’aime aussi ce qui est en développement, mais il faut compenser la notion de sacrifice, très à l’oeuvre dans l’écriture quand on ne publie pas de best seller, par celle de gratification.
Allons donc chercher les récompenses de la semaine.

Le marché aux fleurs où, me trompant de sens dans le métro, donc, j’ai émergée de la station par un temps parfait.
Le livre Ciné-Roman d’Eve Arnold, grande photographe de chez Magnum, trouvé pour 5 euros sur les quais et qui, m’a dit le vendeur, appartenait à Anouk Aimée. Je l’achète, je l’ouvre, je le lis goulument. Je découvre qu’Eve Arnold parle d’Anouk Aimée dans le livre, ce qui rend d’autant plus plausible ce que m’a confié le bouquiniste. (Cela dit sans méchanceté, aucune.)
Le fait de passer d’un sujet à l’autre, de tendre des fils, de trouver sans cesse de la matière. À la fin de la semaine, ça devient proliférant. Mon prochain livre devrait être aussi barré que les précédents, je n’ai plus trop de doutes là-dessus. On ne se refait pas et surtout : je ne peux rien y faire.
Le fait d’avoir pu rester à Paris dans de bonnes conditions. Chaque jour, je mesure ma chance.
Le fait de ne pas quitter Paris ce mois d’août, pour écrire et, je l’espère, gagner un peu ma vie (le développement le dira). Il faut le prendre comme une chance, là aussi.

(Photos prises cette semaine en faisant des repérages pour les "bulles d’air", déambulations de L’aiR Nu.)

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