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F comme four, choses qui brillent

dimanche 12 Juillet 2026, par Anne Savelli

J’avais subrepticement parlé d’un examen médical, la semaine dernière, dont j’attendais les résultats. En tout, trois semaines de stress pour le mot attendu : bénin. La photo ci-dessus a été prise quelques minutes après l’annonce, quand j’étais, malgré la fatigue qui en atténuait les effets, dans un grand soulagement.
Je vais, normalement, et malgré ces temps de canicule, pouvoir envisager l’été d’écriture que j’imaginais. Il y a encore du travail : la déambulation Perec à Passy du 18, l’épisode de podcast du 25 que je ne cesse de ré-enregistrer car j’oscille entre deux sujets, des actions à monter pour la rentrée de L’aiR Nu... Cette rentrée se situe pour l’instant, dans mon agenda personnel, plutôt en novembre qu’en septembre, mois durant lequel, par ailleurs, j’irai faire un tour à Clermont-Ferrand parler de Bruits. (J’aurais dû aller à Marseille, aussi, mais passons.)

Il y a tout cela à penser et cette chaleur, bien sûr, qui nous use, nous fout en colère, nous use à nouveau. Chaque jour, cependant, je pense à l’appartement d’avant, celui où j’ai rencontré Jacqueline et Martine. Je pense à cette bouilloire donnant sur un four. Je me rappelle le ravalement et la décision des propriétaires d’alors — ils ont ensuite changé deux fois — d’en profiter pour couvrir les balcons de zinc (c’était un immeuble plus ou moins haussmannien). Quelle était l’expression qui justifiait ce choix, déjà ? J’aurais dû la noter. "Dans les règles de l’art" ? Quelque chose dans ce goût-là. Il était question de noblesse, de beauté, de tradition.
On s’y cramait les pieds.
Plein sud avec ce zinc, portes-fenêtres bas de gamme, mal montées, mal vissées, nous avons souffert tant d’années du bruit et de la chaleur sans pouvoir partir. (Je pense évidemment aujourd’hui à celles et ceux qui dorment sous les toits, situation que j’ai connue bien avant le réchauffement, durant six ans, et c’était déjà difficile.)

Je suis repassée, ces derniers jours, devant l’immeuble. Les fenêtres de mon ancien appartement étaient largement ouvertes - par cette chaleur ! -, des ouvriers refaisaient les sols et les murs. C’était donc ça, les grands travaux forçant le nouveau propriétaire à nous mettre dehors ? Restez dans la bouilloire, braves gens, le nez sur le four.

De mon côté, ironie du sort, comme je le racontais la semaine dernière j’ai brièvement vécu dans Emily in Paris. La preuve. La bibliothèque d’occasion du nouveau quartier, transformée par les décorateurs de Netflix :

Et maintenant, la véritable librairie, post-tournage :

Étrange de vivre dans un décor quand on a écrit plus d’un livre sur la notion de décor, n’est-ce pas ? Durant quelques heures, la circulation a été régulée au pied de mon immeuble pour laisser se dérouler une séquence de la série qui, je l’imagine, romantise et formate tant qu’elle peut l’idée de littérature — je dis ça pleine d’a priori, sans avoir vu un seul épisode. Globalement, les voisins étaient furieux de ne pas passer comme ils le voulaient. Moi, j’en ai profité pour discuter devant la porte d’entrée avec le régisseur, bien étonné de constater cette colère, m’apprenant qu’ils étaient plus sympas dans le 16e ! Je lui ai dit que, peut-être, nous n’avions pas envie de devenir instagrammables — et c’est vrai, que va-t-il se passer quand la série sera diffusée ?
En même temps, bien sûr, ça m’amusait. J’ai prétexté un tour à la ressourcerie pour essayer de voir quelque chose. Je n’ai rien vu du tout mais, pour contrer l’inquiétude dans laquelle je me trouvais alors, j’ai jeté mon dévolu sur des fringues à paillettes, dont une magnifique veste rose qui en jette, je peux vous le dire. Je la mettrai cet automne. En manif, par exemple. La fatigue sera loin, j’espère. Pendant que je payais, de jeunes actrices d’Emily in Paris (Ce que j’ai supposé, du moins. Il y a peu d’Américaines dans le quartier.) sont entrées, visant elles aussi le montant des choses qui brillent.

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