Livre numérique écrit par L’aiR Nu
(Pierre Cohen-Hadria, Mathilde Roux, Anne Savelli, Joachim Séné)
téléchargeable gratuitement
et site web
Heureusement qu’il y a le podcast
dimanche 28 Juin 2026, par
(Ne sortir que le matin, par les temps qui courent.)
Il faudrait sans doute distinguer, pour plus de facilité, ce que je ne dois qu’à moi et ce que l’extérieur m’apporte. En l’espèce, ce lundi, je suis très fière d’avoir bouclé mon prochain épisode de podcast en interrogeant une artiste dont Internet n’a jamais, jusqu’ici, révélé la voix. Ce même jour, j’apprends que l’une des rarissimes invitations rémunérées que j’aurais dû avoir pour Bruits, en l’occurrence à Marseille, à la rentrée, tombe à l’eau faute de subventions. Ce n’est pas l’événement tout entier qui est annulé. C’est ma présence — entre autres, j’imagine que je ne suis pas la seule — qui disparaît de la programmation. Le fait d’habiter loin et mon manque de notoriété et ont dû jouer.
(L’endroit le plus frais du quartier est fermé par une grille.)
J’avais évidemment commencé à imaginer la rencontre, durant le temps où elle a été envisagée. Mais l’ombre appelle l’ombre. Les librairies mettent la clé sous la porte, les festivals disparaissent, et chacun, dans mon milieu, me semble plus que jamais en concurrence avec les autres. Avec la canicule, de plus, tout s’annule, s’efface, comme au temps du Covid. D’ailleurs, avec L’aiR Nu, nous décidons à notre tour de reporter notre déambulation de samedi (Perec à Passy). De toute façon, ces jours-ci, personne ne se projette sur quoi que ce soit.
Une chose encore : d’habitude, je tente vaille que vaille, ici comme dans mes livres et mon podcast, de trouver de la lumière, de faire d’un obstacle une avancée, par nécessité de survie, par obstination, par respect pour les gens qui me lisent et m’écoutent. Mais je ne suis pas toujours dans cet état d’esprit, en réalité. Et quand je n’y suis pas, c’est alors tout le contraire. Il n’y a pas plus pessimiste que moi.
Le soir, je découvre par hasard que dans la rubrique podcast de mon site, l’épisode le plus écouté est celui que j’ai consacré à Dita Kepler. Parce que je l’ai appelée un anti-personnage ? Je ne sais pas. J’aurais vraiment dit l’inverse. Comme quoi...
(Je mets ces photos pour nous rafraîchir l’esprit, on aura compris.)
Mardi Ce matin, raz-le-bol, je me mets en grève de tout : de sortir (il fait déjà trop chaud à 8h30) et de travailler (de toute façon je ne suis pas payée, alors...). Oui, voilà, en grève : ne rien produire, ne rien donner à personne. Merde, à la fin.
(Et là intervient le petit connard intérieur. Vous vous souvenez du connard intérieur dont j’ai déjà parlé ici ? "Personne ne t’a rien demandé. Sur le marché, personne n’attend que tu écrives, etc." Bref. Vous voyez.)
Vendredi Hier, est paru mon nouvel épisode de podcast, Faites entrer l’écriture : "Au 19 rue de l’Atlas, avec Lya Garcia.", seule source de réjouissance de la semaine. Je suis particulièrement fière de ces 35 minutes, qui passent vite et en disent long de ce qu’est vraiment la vie d’artiste. J’ai interrogé Lya, qui crée des oeuvres incroyables au crochet, au moment où elle déménageait d’un appartement minuscule dans lequel elle a vécu et travaillé durant vingt ans. J’espère qu’elle sera écoutée par le plus de monde possible et que mon épisode lui offrira des invitations à montrer ses sculptures, chapeaux et robes, tant et plus.
(La photo ci-dessus a été prise à la fin de notre entretien. Lya m’a donné cette photo encadrée, qui a rejoint mon mur d’images.)
(A retenir, pour moi : ce mur d’images comme un principe actif.)
Et sinon :
La déambulation du samedi 27 juin a été reportée au 18 juillet à 10h et, heureusement, nous avons déjà deux fidèles prêtes à nous suivre (il nous en faut encore entre trois et dix). Le samedi 4 juillet, je l’ai déjà dit mais je le redis, nous proposerons une bulle d’air au Cimetière Montmartre. Selon la météo, il devrait faire 24 degrés et ce serait vraiment bien d’avoir du monde. Après tout ce confinement, venez !
(Les inscriptions sont ici.)
Durant la semaine, j’ai essayé d’inventer des bulles d’air préservées de la chaleur comme de la pluie. Nous n’avons pas le droit d’intervenir dans les musées, je crois, car nous ne sommes pas guides assermentés. Mais j’ai une autre idée.
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