Fenêtres Open Space

site d’Anne Savelli

Il y a du mieux.

dimanche 19 Juillet 2026, par Anne Savelli

Quand soudain, roulements de tambours, attention les yeux : formidable, on progresse ! On s’en doute, ce "on" ne représente pas le gouvernement face au changement climatique. Non, ici, ce "on" s’applique à mon énergie et moi-même, duo infernal, énergie qui finira par devenir un personnage, à force de prendre toute la place dans ce journal.
Comment va-t-on l’appeler, ce personnage ?
Je cherche.

Je me souviens que j’ai commencé à me sentir mieux en faisant de l’auto-hypnose. Une sorte de déclic s’est produit, que je guettais depuis des semaines. Une sensation hésitante et tapie, allant et venant dans la poitrine, une sorte de flux presque sourd ; quelque chose de rond, de vaguement lumineux, prenant la forme d’une pièce, d’une médaille — oui, c’est ainsi que je visualise ce timide retour d’énergie. Depuis, je surveille, ne prends rien pour acquis. Mais, tout de même, je me suis remise à écrire et immédiatement, j’ai à nouveau ressenti au plus profond ce que j’ai l’habitude de dire, presque mécaniquement, quand on me pose la question : l’écriture, c’est le pivot, aucun doute.

C’est parce que j’écris que je supporte le manque d’argent, la précarité, le peu d’opportunités, l’obligation de tout devoir faire par soi-même. Dès que je ne suis plus, précisément, en train de le faire, cette organisation perd une partie de son sens et l’énergie qu’il faut, alors, pour faire tenir l’ensemble me dévore.

Écrire, donc. Mon prochain livre devrait à nouveau être assez délirant, ça ne changera pas trop de Bruits - ayant réussir à tenir Bruits jusqu’au bout en faisant avaler aux lecteurs une multitude de choses (personnage qui grandit à toute vitesse, circulation d’images, de sons et de pensées d’une boîte crânienne à une autre...), j’ai décidé d’en accepter de nouvelles, non par désir de creuser un sillon, mais parce que certains choix, inattendus, s’imposent au moment de former les phrases. Je vois déjà mon éditeur lever les yeux au ciel mais tant pis, c’est comme ça.

Malgré la canicule et le ramollissement du cerveau, je me suis remise à lire, également, en tentant d’observer comment je m’y prenais, ce que je préférais et à quel moment. Tout se délite quand il n’y a plus de lecture dense, quand le psychisme n’est plus nourri : lire et écrire, à ce niveau-là, c’est pareil. Ce qui est insidieux, c’est qu’on a beau le savoir, cela ne suffit pas à créer un mouvement de fond. Ainsi que le dit Johanna Daniel dans un billet qui mentionne ce semainier (merci !) : « Comme à chaque fois que je laisse quelque chose en jachère un peu trop longtemps, la remise en route prend quelques heures, parfois quelques jours. Par quoi commencer ? »

Ici, la question serait aussi : "Par quoi continuer ?" Et ne plus lâcher, surtout.

Galerie

Cliquez sur une photo pour avoir le diaporama

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.