Parution le 7/01/2026
14.00 x 19.00 cm
384 pages
ISBN : 978-2-330-21548-4
Prix indicatif : 23.50€
Le jour J
dimanche 11 Janvier 2026, par
Mercredi Il neige et c’est le jour J, c’est le jour J et il neige, que faire lors d’un jour J ?
Je crois que d’habitude, le jour où paraît l’un de mes livres, je me sens fondée, plus encore que d’habitude, à faire exactement ce que je veux (comme le jour de mon anniversaire, du reste). De ma nouvelle et large fenêtre, je regarde les flocons batailler, puis je reçois un message de David Christoffel m’apprenant que l’épisode de l’émission Métaclassique à laquelle j’ai participé en décembre vient d’être mise en ligne. Jour J, délicate attention.
(Je l’ai également placée, ici, sous l’onglet Bruits.)
(Au fait, je reprends, ou non, le petit podcast Lire le bruit ?)
Mon fils (auquel le livre est dédié), décide ensuite de venir m’initier à l’IA - ami·es abonné·es au Patreon, voilà qui fait suite à l’épisode de Faites entrer l’écriture consacrée au sujet. Il s’agit ici d’organisation, non de création. Je lui avais demandé, l’an dernier, s’il pouvait concevoir un robot esclave qui fasse tout le travail chiant à ma place (recherche d’informations pratiques, montage de dossiers, compta, etc. : tout ce qui, n’étant pas salariée, ne me rémunère pas, ne m’intéresse pas et prend le temps de l’écriture). La demande, telle quelle, était celle-là. Eh bien, il semblerait que ce soit possible, désormais.
(À suivre, donc.)
À part ça, en ce début de semaine, j’ai décidé de créer une vidéo teaser pour Bruits, ce qui m’a obligée à apprendre à le faire. J’ai essayé, me suis trompée, l’ordi a planté, j’ai recommencé, et donc la voici :
J’ai également rangé les dossiers et fichiers de mon ordinateur consacré au livre (enfin, de l’actuel, ordi, car le livre, depuis 2002, a été écrit sur plusieurs machines successives, bien sûr). Tout cela est derrière moi. Je sais bien qu’il m’a fallu un travail énorme, monstrueux, pour mener à bien ce projet, mais je suis en train de l’oublier. Par exemple, je ne me souvenais plus avoir tenu pendant un an, jour après jour, un journal du bruit. Et toutes ces notes prises sur un nombre considérable de sujets...
(Je pourrais peut-être l’éditer en bonus, tiens, ce journal ?)
(Tss)
(Mardi, je suis allée me promener dans les beaux quartiers pour l’écriture. Nous n’en saurons pas davantage.)
En faire toujours plus parce qu’on se dit que la vie n’en apporte pas assez, c’est typiquement ce qu’il faut éviter quand on ne veut pas rechuter, retomber dans le burn out, c’est pourquoi je travaille pas mal, mais pas trop. Je varie les activités - ce qui me donne l’impression de n’avoir rien fait, mais cela est une autre histoire... (Comment quantifier le travail que nous fournissons, quand nous remâchons la tâche du matin au soir ? C’est impossible, je crois. Il faut se détacher de ces considérations une bonne fois pour toutes, quand on crée, parce qu’elles ne servent à rien. C’est ce que je tente de faire en inventant de toutes pièces mon propre métier.) Puis, je me récompense, d’une façon ou d’une autre.
L’actualité internationale étant ce qu’elle est, je recommande, par ailleurs, Comment torpiller l’écriture des femmes, de Johanna Russ, paru chez Zones éditions, dont j’ai déjà parlé la semaine dernière et que j’ai terminé, depuis. Je vous conseille aussi Rêve d’une pomme acide, de Justine Arnal, qui évoque une famille, principalement de femmes, mal en point. J’ai eu envie de le lire, au début, parce que certains lecteurs évoquaient pour en parler Jeanne Dielman de Chantal Akerman. C’est sans doute vrai, mais peu importe. Au fil des pages, de plus en plus convaincue par le livre lui-même, je n’ai plus besoin de cette analogie. Si ce n’est déjà fait, je vous incite également à lire Détruire tout, de Bernard Bourrit, un texte impressionnant de modernité traitant d’un féminicide des années 1960.
(Le fait de prendre et de poster une photo par jour d’un lieu et d’un livre, sur Instagram, depuis le début de l’année me pousse à lire et à sortir. Même si je ne développe ici ni mes pensées, ni ce que j’ai vu en marchant dans Paris, ça fonctionne.)
Vendredi Hier, j’ai mis en pratique ce que j’avais appris le jour J avec mon fils pour monter en urgence un dossier pour L’aiR Nu. Peu de chances que cela fonctionne, car il n’a pas été possible de fignoler ni de trouver, en si peu de temps, des partenaires, mais enfin, qui sait ?
Puis je me suis rendue à la soirée de lancement du roman d’Antonin Crenn (voir photo ci-dessus), Rue des batailles, à la librairie Le Merle moqueur. La salle était pleine. Antonin, égal à lui-même, s’est montré fin, subtil, distancié. Il a répété plusieurs fois qu’il écrivait, au fond, pour parler de lui, ce qui, à mon avis, est aussi vrai que faux. Pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas, je l’avais interrogé l’an dernier sur son lieu d’écriture. C’est, par exemple, ici.
Cette journée d’hier a été un peu rude, compliquée. Inutile d’en parler. Celle d’aujourd’hui a commencé sous de meilleurs auspices, avec la formidable recension de Bruits par Pierre Ménard sur son site, Liminaire.
(Attention, il spoile un peu, sur la fin, je préfère prévenir.)
Au fil de son article, tout ce qu’il remarque, analyse, décrypte, résonne avec ce que j’ai tenté de faire.
C’est également le cas de deux autres membres de L’aiR Nu. Joachim Séné, qui a entamé le bal la veille de la sortie avec un article intitulé N’importe où dans le silence écrit :
Quant à Christine Jeanney, elle évoque sa lecture en cours de cette façon :
(Pardon pour les coupes sauvages dues aux captures d’écran.)
En résumé, ce sont donc les membres du collectif qui ont dégainé les premiers, ce que je trouve absolument réconfortant. Ces affinités électives, je pense qu’elles étaient à l’oeuvre lors de la soirée d’Antonin, qui porte beaucoup de prix à l’amitié. Elles sont également, pour moi, essentielles. Parfois je me sens isolée. Peut-être le sommes-nous toutes et tous ensemble, en fait, allez savoir.
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