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Quitter un lieu

dimanche 2 Juin 2024, par Anne Savelli

C’est le moment où je ne sais plus trop où j’habite (Tokyo, Paris, Clermont-Ferrand se sont succédé un peu vite), où certaines séquences se terminent (le grand voyage, la résidence) et où j’annonce à la terre entière qu’à partir de lundi, attention les yeux, la vie monastique commence : ce sera Bruits chaque jour, sans déroger, jusqu’à la fin.

C’est le moment où, la valise bouclée, il est encore trop tôt pour se rendre à la gare ; où attendre à l’hôtel serait plus confortable mais où, chaque fois, l’esprit vagabonde, impatient du départ. Le fait de quitter un lieu, je ne sais qu’en dire, une fois installée dans le train. Cet inconfortable entre-deux, je n’arrive pas à le décrire, et pour cause : je le fuis.

Il y a les cadeaux : la revue à laquelle j’ai participé, et dont l’inauguration, le 30 mai, a coïncidé avec ma fin de résidence ; la tasse de l’hôtel, donnée par sa directrice, Muriel (Alexandre Vialatte continuera donc de me surveiller du coin de l’oeil). Et puis, les souvenirs heureux, les lieux aimés, les amitiés qui se poursuivent, vivier où puiser à partir de lundi.

Le train arrivera bientôt à Paris-Bercy. À l’aller, j’ai dédicacé un exemplaire de La Boucle impossible à Mylène Farmer, qui devrait le recevoir sans encombre, mais j’ai oublié d’indiquer mes coordonnées et celles de Joachim : je souris en l’écrivant, car cela me ressemble assez. Il y a quelques jours, j’ai entamé un nouveau carnet, mince et léger, intitulé "gammes", où je note en permanence ce que j’observe. Ce n’est presque rien mais, pour moi, c’est très important. C’est une façon, tout en constatant mes limites, mon ignorance, en buttant sans cesse, de garder l’écriture au centre. De conserver l’élan — mot que j’ai déjà dû employer mille fois, ici, mais peu importe.

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Messages

  • Le fait d’oublier de mettre ses coordonnées dans l’envoi, je l’ai fait jadis (mais la destinataire m’ayant incitée à lui faire parvenir mon manuscrit, s’est doutée que c’était moi), alors ça me fait bien rire.
    Bon, au moins pour un livre imprimé, qui souhaite vous joindre pourra passer par l’éditeur. Ou vous retrouvera l’un comme l’autre sur la toile.

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