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Une voix à entendre

dimanche 5 Juillet 2026, par Anne Savelli

Mercredi Depuis quelques jours, c’est l’inénarrable retour de la fatigue avec hypotension permanente que je ne sais plus ni nommer ni soigner entre deux vagues de canicule. Psychique ? Émotionnelle ? Physique ? Les trois ? Dix minutes de lecture d’un livre au réveil, c’est déjà une victoire. Effectuer un trajet de métro tout simple, sans correspondance, assise, pour entrer dans un cinéma après deux minutes de marche : une épreuve sportive. D’où ça vient, au juste ? De la canicule ? Bien sûr. De l’attente d’un résultat médical ? Idem. De tout ce qui ne s’est pas produit pour Bruits depuis des mois ? Oui. De mauvaises nouvelles, de l’absence de nouvelles ? Oui, encore. Se battre contre son propre corps ne fonctionne pas plus que de tenter de le reposer. Je connais ça par coeur et pourtant, rien ne change.

J’arrive pourtant à écrire ces lignes, tout comme j’ai réussi à monter pendant trois jours la vidéo destinée à présenter la matrice de la partie mémorielle du projet de L’aiR Nu Par-là Paris, autrement dit, l’entretien que j’ai mené avec ma voisine du 4e étage, Jacqueline, en 2021, illustré par des photos de Caroline Diaz prises en 2025. Je repoussais ce travail depuis un an. Il a fallu déménager, apprivoiser le nouveau quartier et ne pouvoir plus rien faire d’autre, en réalité, pour y parvenir.
Le voici :

J’écris cela et il me semble, du fond de mon fauteuil, que la tension remonte un peu : est-ce qu’il faudrait se forcer à écrire, en permanence ?

Jeudi Toujours ces difficultés, ce manque viscéral et révoltant d’énergie. Je réussis cependant à assister à une réunion destinée à préparer deux semaines d’intervention de L’aiR Nu en novembre dans le XIXe arrondissement. La situation est moins confortable, a priori, que l’an dernier, car le financement n’est pas encore gagné. Nous apprenons cependant que, contre toute attente, nous allons peut-être pouvoir proposer d’avantage d’actions. À suivre, mais voilà a priori une bonne nouvelle, qui me conforte dans l’idée de poursuivre Par-là Paris.

Pour être honnête, une des choses qui me caractérisent, je pense, c’est la certitude d’avoir raison de faire ce que je fais, que ce soit dans l’écriture, le podcast ou ce projet de carte sonore. Je ne suis pas atteinte du syndrome de l’imposteur qu’on nous sert à toutes les sauces. Je suis convaincue que ce que je propose a un intérêt même si, évidemment, je butte en permanence contre mes propres limites, voudrais souvent que le résultat soit meilleur, etc. J’ai entendu toute ma vie que je me battais contre des moulins à vent et voilà, bien sûr, où est passée cette énergie manquante : dans le trou creusé entre convictions et résultats tangibles.

Vendredi Un peu de légèreté : cet après-midi, Netflix vient tourner une série sous mes fenêtres. Avant le retour de la canicule, profitons des stores relevés et observons, au premier rang, le cinéma du monde.
D comme décor, F comme fiction.
(Un peu plus tard) Ah mais oui, c’est Emily in Paris qui débarque ! Suite au prochain épisode !

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